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COUNTRY RENDEZ-VOUS FESTIVAL 2005 Craponne sur Arzon, France 2005 sera à nouveau synonyme de record d'affluence pour le Country Rendez-Vous Festival puisque l’audimat affiche 22500 personnes pour les concerts payants et plus de 35000 en ville pour le festival OFF. Les trois jours restent toujours calibrés sur une country music aux divers accents se déclinant en honky tonk, western swing, new country, folk, cajun, bluegrass… Une grande majorité des artistes vient des Etats-Unis, mais pas uniquement puisque l’Europe fait aussi partie du line-up du festival. L’attention de HIGHWAYFM.com s’est portée vers Texas Renegade, Redlands Palomino, Jarrod Birmingham, South Austin Jug Band et Chely Wright et Eric Heatherly entre autres. Belle performance du groupe Néerlandais Texas Renegade et il suffit de voir leur enthousiasme scénique pour une country très énergique soutenue par 2 guitares électriques et 2 acoustiques ainsi qu’une pedal steel. La formation n’hésite pas à piocher dans le répertoire classique avec « The race is on » de George Jones, mais le show est très plaisant et attractif pour les plus jeunes. L’un des meilleurs de cette édition a pour nom Redlands Palomino. Délibérément alternatif, entre Cowboy Junkies et les Jayhawks, comme ils se situent eux-même en interviews, la chanteuse d’origine galloise, le visage de Kelly Willis en brune, dégage une aura vocale puissante et pure, tandis que le chanteur donne plus dans le rugueux, un cachet vocal tout aussi intéressant. Il y a chez Redlands Palomino des mélodies idéales pour les highways de San Bernardino en Californie, et leur présence m’a rappelé le son country/west coast des Eagles, de Poco et des Byrds qui a marqué bien plus qu’une génération. Jarrod Birmingham, Jason Allen Allen et Jaimie Richards représentaient quant à eux le honky tonk Texan, un style qui plait énormément vu le nombre de passionnés toujours présents sur le site le samedi soir dans la nuit. Ces trois noms sont régulièrement dans les premières places du classement dédié aux artistes texans. Il y a toujours un peu de folk à Craponne et le créneau est revenu à Chip Taylor et Carrie Rodriguez, deux artistes qui viennent régulièrement en Europe. Si on parle bluegrass, il faut s’attarder inmanquablement sur le South Austin Jug Band dont la particularité est de méler bluegrass et teinte jazz à la Django Reinhard, un exercice de style qui donne un coup de jeune à cette musique trop souvent jouée comme du crin crin. Ici, le bluegrass y est frais, dansant et mené par un groupe de jeunes endiablés. Chely Wright et Eric Heatherly incarnaient la sensualité pour l’une et la dextérité pour l’autre, si l’on peut dire. Chely devait jouer à la suite d’Eric, mais la fraicheur se glissant incidieusement au cœur de la nuit, Chely a demandé à Eric s’ils pouvaient inverser l’ordre de passage, ce que, tout baroudeur qu’il soit, Eric a accepté. Chely Wright est une star à Nashville, ayant eu plusieurs hits classés dans le magazine Billboard, et est restée quelques années sur le label MCA Nashville, une division d’Universal, l’une des plus grandes maisons de disques dans le monde. « Shut up and drive » pour débuter le show, puis un long répertoire riche en émotions qui pouvaient se lire sur le visage, et une façon de se mouvoir associée à une légère danse du corps. « Single white female », « Woman in the moon » de ses débuts, et une volonté de communiquer avec le public et d’expliquer ses chansons. Il est vrai que une minorité du public comprend l’anglais, mais ce petit nombre serait suffisant pour exprimer un mécontententement vis-à-vis d’un artiste. Pour Chely Wright, le public l’écoutait et tout ce qu’elle disait était écouté religieusement. Une présence scénique et quelques explications sur les membres de sa famille ayant combattu durant la seconde guerre mondiale pour expliquer sa présence là où les troupes US sont mobilisées de part le monde. Chely a fort bien expliqué qu’il n’y avait pour elle aucune implication politique dans cette démarche ni dans la chanson « Bumper on my SUV » dont l’histoire parle du geste désagréable d’une personne voyant un auto-collant de soutien aux troupes US sur sa voiture. Chely a aussi évoqué Emmylou Harris et le choix s’est porté sur « C’est la vie » pour le plus grand plaisir de tous. Un autre moment inoubliable restera gravé pour Vicky Layne en particulier, puisque Vicky, assise juste derrière moi, a été appelée par un signe de Chely pour monter sur scène pour un duo. Vicky est une inconditionnelle de l’artiste US et le duo fut un bel échange salué à sa juste valeur, et « I already do » est une chanson de Chely que va reprendre Vicky Layne. Chely lui a d’ailleurs demandé de lui envoyer dès qu’elle sera enregistrée. Le dernier CD « The Metropolitan hotel » est plutôt intimiste avec de délicates mélodies et une prose qui raconte les hauts et les bas de sa vie ainsi que ses rapports avec sa mère. Une aisance d’écriture qui permet de faire passer des sentiments souvent du ressort d’expériences difficiles. Tout ceci en alternance avec un jeu de scène qui en dit long sur sa maitrise du métier. En ce qui concerne Eric Heatherly, le contexte est différent puisque son atout majeur est la guitare, et dire que c’est un virtuose ne serait qu’un euphémisme. A craponne, il a joué country avec une bonne dose de puissance instrumentale, et le résultat fut très performant. Eric est ce que l’on pourrait appeler un baroudeur, et lorsqu’il plonge dans son trip scénique, il y est totalement immergé avec sa guitare. De surcroit, et c’est remarquable, lui et son guitariste, Joe, sont en parfaite osmose et ne se marche jamais dessus, créant ainsi deux sons de guitare totalement reconnaissable. Eric vit sa musique à 150% ayant été démonstrateur chez Gibson. Son manager et guitariste, Joe, est un garçon très convivial, et est un ami de longue date d’Eric Heatherly dont le nouveau CD « The lower east side of life » est sorti chez Audium/Koch. Eric s’est fait remarquer avec une superbe reprise de « Flowers on the wall » des Statler Brothers qui a cartonné sur les radios US, puis il a refusé de partir en tournée avec Shania Twain, non pas en raison d’un désaccord, car il apprécie beaucoup la chanteuse, mais parce qu’il voulait se concentrer sur son parcours à Nashville pour accéder le plus vite possible à une stature qui lui permettre de gérer son indépendance. On aurait pu avoir une prestation complète de Kelly Willis et Bruce Robison si la scène n’avait pas joué un mauvais tour à la chanteuse. Kelly est enceinte et les vibrations des basses sur scène lui ont coupé la voix au bout d’une demi-heure. Nous avons tout-de-même eut le plaisir d’entendre « Heaven’s just a sin away » des Kendalls mais son mari, Bruce, s’est livré à une prestation solo non prévue à l’affiche. Kelly est une jeune femme d’une gentillesse naturelle, l’ayant rencontré à plusieurs occasions, et leur style est très folk. On les attendait beaucoup au regard des commentaires de nombreux amateurs de Texas music. Je parle du Cornell Hurd Band, dont le style western swing est associé à la présence très vivante d’un saxo, instrument peu utilisé en country music. C’est une lacune car, avec le Cornell Hurd Band et les rares artistes à l’utiliser, il est évident que la présence de cuivres apportent un relief sonore nouveau. Avec son blouson de cuir noir, Cornell Hurd a un carisme indéniable, et le groupe est dôté d’une jeune femme à la batterie. Elle accompagne d’ailleurs plusieurs formations basées au Texas, et son toucher de batterie se fait dans du velours, ce qui dénote un sens aigu de la maitrise de l’instrument. Un bon groupe à découvrir, cela va sans dire. Il y avait une nouveauté cette année dans la structure du site avec la mise en place d’un écran géant, plein jour, qui retransmettait l’image des caméras vidéos pro qui filment l’événement. Il n’y a malheureusement pas de DVD du festival disponible, et ceci en raison du coût financier lié aux droits de diffusion. D’un autre côté, les ventes de Cds au stand des dédicaces ont aussi explosé avec 1758 unités vendues contre 864 l’an dernier. Jason Allen totalise 246 exemplaires, Chely Wright 232 et ex-aequo le South Austin Jug Band et le Cornell Hurd Band atteignent les 230. Il y avait encore de la demande après que leur stock ait été épuisé. Texte: Jean Agostini - photos: Pascal Berger (© 2005 All rights reserved - reproduction interdite) Chely Wright
Eric Heatherly
Jamie Richards
South Austin Jug Band
Jason Allen
Bruce Robison et Kelly Willis
Cornell Hurd Band
à suivre... |
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