|
Festival de Craponne 2003 |
|
L'édition 2003 a rassemblé près de 20 000 personnes. Un succès mérité et voici le reportage: 04 71 03 25 52 Ouverture des portes et concerts - Country Rendez-Vous Festival 2003 Les conférences de presse ----- Chaque année, le Festival de Craponne démontre une pluralité dans ses choix et ses orientations. De la Suisse à la Louisianne, de Nashville à Austin, celle-ci étant un vivier croustillant et parconséquent un terrain de prédilection pour les organisateurs il faut le noter, le programme s'avère éclectique et dénicheur de talents venus de l'ombre. De surcroît, l'emplacement du site est une région touristique dépaysante située à 60 kms au sud de Saint Etienne. Highway FM Mag' est présent depuis de très nombreuses années, et la qualité des artistes présents est assurément un gage de qualité pour le public, petits et grands, puisque la convivialité est aussi une valeur associé au festival. Formations amateurs et professionnelles sont acceptées, et en l'occurence, Tomahawk, des amateurs venus de Suisse, ont ouvert la 16ème édition. Le honky tonk de Dallas Wayne a suivi avec toutes ses influences provenant de la country traditionnelle et inspirée de Merle Haggard par exemple. Bill Kirchen, un ex-membre de Commander Cody, groupe New-Yorkais, a pris ensuite le contrôle de la scène, et même s'il n'était accompagné que de deux musiciens, batteur et bassiste, saluons la qualité de l'artiste, qui est habitué à jouer au sein de configuration très modulables. Bill affiche trois décénies de guitariste et conjugue blues, rock et country lorsqu'il imite les facéties de Jimiu Hendrix et Stevie Ray Vaughan, et le pickin de Chet Atkins et Merle Travis. Les labels de Nashville sont évidement une source de nouveaux talents, et le groupe Pinmonkey, composé d'une bande de jeunes, propose une country teintée roots mais soutenue par un son rock et des arrangements modernes, Pinmonkey s'est fait reùarquer par un bon single country "Barbed wires and wines" mais aussi pour avoir pioché dans le répertoire rock en reprenant "I drove all night" une chanson de Cindy Lauper datant des années 80 et de la vague du rock FM. Le paradoxe de Pinmonkey est qu'ils imprègnent la scène et le public d'une aura alternative, un denrée qui avait disparu de Nashville ces dernières années, mais fait resurface au coeur de plusieurs labels. La génération de ces musiciens rejoind celle d'Elizabeth Cook pour deux chansons en commun. Le lendemain, Coal, un autre Suisse électrise la foule avec du country rock dôment calibré avec pour la petite histoire un CV mentionant une première partie de ZZ Top à Zurich en 2002. Puis, le bluegrass a pri ses marques en acceuillant le Yonder Mountain Sring band, une formation dont le périple passait par l'Europe et en particulier l'Angleterre où la parolière Carter Wood s'était jointe. Carter est une amie de Jim Lauderdale avec qui elle a écrit pour George Strait. Ceci accentue la notoriété de ce groupe, alignant ici une configuration guitare, banjo, mandoline et contrebasse. Les pointures du bluegrass sont souvent venues à Craponne au fil du temps, et on se souvient d'Alison Krauss (plusieurs awards aux USA), Rhonda Vincent et le Lonesome River band, groupe de Ronnie Bowman. Les Philippines étaient ensuite à l'honneur avec une jeune femme charmante, brune, dont le nom du groupe inclu le mot gospel. En fait, c'est trompeur puisque le répertoire est country/pop rock. Un cachet plus moderne impressionant par le jeu des musiciens, et à mon avis, une artiste de la trempe de ceux qui pourrait jouer dans une grande salle comme le Zénith. Anna Fermin est une découverte, et sachez qu'elle est produite par Lloyd Maines, qui n'est autre que la père de Natalie Maines, la voix leader des Dixie Chicks. Le son de Nashville et les réminisenses de la Fan Fair sont arrivées à nos oreilles lors de la prestation de Michael Peterson qui fut régulièrement à la une des magazines il y a six ans avec des hits très bien placés et des vidéos en forte rotation sur Country Music Television. Les danseurs ont été servis avec des rythmes très chauds, et l'applond allié au sourire de Michael ont donné un relief puissant à son concert. Vous m'accorderez qu'il a un physique d'athlète, et il vient d'ailleurs du milieu sportif professionel. "Amazing grace" a capella se situe parmi les instants émotionels de la soirée, mettant en exergue des qualités vocales indéniables que l'on ne perçoit pas toujours dans le schéma récurrent d'un concert. Plus zen fut la prestation country de Stan Martin dont on devine une évidente réserve dans le comportement, et une simplicité qui n'enlève rien au demeurant à son talent. Stan et sa guitare, et l'appoint d'une choriste, plus deux musiciens, a décliné une partition country rock modulée avec légereté et finesse. Orages, bluegrass, country, honky tonk et look Beatles, et cajun ont été dans l'ordre le programme du dimanche. En définitive, plus de peur que de mal, la pluie n'ayant arrosé la région que le matin. Monogram, groupe Tchèque, a eu droit à quelques gouttes sur le public, mais la ferveur générale occultait le léger désagrément. Monogram est une formation bluegrass très réputée dans les pays de l'est et maintenant eu Europe. L'artiste suivant m'a fait penser à Dale Watson et Carl Perkins par la voix et le son. Très mobile sur scène et adoptant des positions variées avec un jeu de guitare bigrement maîtrisé, Jesse Dayton est une sacrée pointure, et du coup, je suis resté dans la fosse des photographes un bon bout de temps, de même pour les Derailers. Les instruments de base de la country comme la pedal steel, pas obligatoirement présente à chaque prestation de nos jours, enrobe l'ensemble d'une fluidité inégalable. La pedal steel peut se révéler être une source de rappel à des souvenirs de vacances et de ballades sauvages dans les campagnes Américaines pour bon nombre d'entre nous. Une méthode un peu subliminale de revivre les moments forts de notre passion. Jesse Dayton a, qui plus est, collaboré avec deux piliers des Highwaymen, en l'occurence Johnny Cash et Waylon Jennings, des moments indéniablement très forts de sa vie, et Jesse n'est pas vieux, c'est le moins que l'on puisse dire. Elizabeth Cook n'a sorti qu'un CD chez Warner Nashville mais je le recommande vivement. "Hey y'all" propose le single "Stupid things" et ce fut un plaisir de l'entendre sur la scène de Craponne. Elizabeth et sa guitare acoustique incarne la country music traditionnelle agrémentée de violon et son jeune âge démontre que le style est accessible an public de sa génération. La presse de Nashville ne tarissait pas d'éloges en juin 2003, ce qui a généré une attention sur elle, puis à sa demande, Warner a rompu le contrat. Elizabeth a montré au public de Craponne ses nombreux talents: fraicheur vocale, interprétation sincère et donc très agréable, et look très fun. La tête d'affiche du festival était attendu et au regard de leur référence, tout le monde savait que le show ne devait être manqué sous aucun prétexte. Le répertoire des Derailers, du moins leur dernier CD "Genuine" est un peu différent des précédents. Highwayfm.com les avait vu et rencontré à Londres et interviewé à Nashville, et leurs concerts et CDs précédents reflétaient leur amour du western swing et du honky tonk. Quant à "Genuine", il propose une facette nouvelle qui résulte en une influence Beatles, avec une guitare dans la lignée des Shadows. Les hazards des rencontres ont fait que j'avais interviewé Jim Lauderdale dans les bureaux de son label Dualtone peu après ma rencontre avec les Derailers. Et le dernier CD du groupe commence par deux titres co-signés par Jim. Il a d'ailleurs souligné son amitié pour les Derailers, et lorsqu'on écoute les deux chansons, on a l'impression que Tony Villanueva imite sa voix, ou serait-ce réellement la voix de Jim sur leur CD. Il y a là un petit mystère. Toujours est-il que les Derailers sont toujours super bien habillés, et ils m'avaient dit que cela venait de leur respect pour Hank Williams et des chanteurs de cette époque, portant tous costumes et cravattes. A Craponne, Brian Hofeldt, le second leader, avait le look Beatles avec la coiffure et les lunettes de soleil. Western swing, beatlemania et honky tonk ont par conséquent boosté l'affluence avec une prestation que l'on est pas prêt d'oublier car leurs guitares réunies se marient magnifiquement pour distiller plusieurs écoles musicales, des années 50 et 60 au son du honky tonk et des roots d'une façon plus globale. La Louisianne a clôturé l'édition 2003 avec Red Benoit et sa musique cajun. Le zydeco fait aussi partie de leur répertoire, mais par définition, c'est le cajun black. Quant à l'organisation, elle est très au point, et cette année les médias pouvaient se restaurer gracieusement sous la tente réservée aux conférences de presse. Couvrir un festival est un travail médiatique passionant mais qui demande de l'énergie car c'est loin d'être de tout repos. De plus, CRDV Radio, ou si vous préférez Country Rendez Vous Radio, émet toute la semaine en FM et diffuse de très nombreuses chansons country pour nous transporter aux Etats-Unis. Georges Carrier et le staff du festival ont opté depuis quelques années pour une programmation roots et le public est fidèle au rendez-vous. La scène du festival est l'objet chaque année d'une évolution, et son fonds tenait le rôle d'écran de projection sur lequel apparaîssaient tantôt les instruments tantôt les artistes. Un effet saisissant et garanti!! Les photos 2003 Texte: Jean Agostini |