NORFOLK A.C.

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NORFOLK A.C. a été élu Meilleur Groupe aux

2èmes FRENCH HIGHWAYS AWARDS 2010

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HighwayFM.com vous propose une interview très détaillée sur le parcours de Cyril Amblard, le fondateur du groupe.

Voici une interview de Cyril Amblard qui nous fait découvrir l’univers de NORFOLK A.C., le groupe qu’il a créé et qui se démarque par un son country alternatif entre Elliott Murphy, Bruce Springsteen et Steve Earle. Nous sommes à quelques heures de son concert en ouverture de Blackfoot à Paris, et c’est sa première performance à Paris. Juste avant cette interview, nous parlions déjà de Whiskey Falls à Craponne, et de l’album de Josh Thompson, Que Cyril connaît et apprécie aussi beaucoup. Après Elliott Murphy et Blackfoot, Norfolk A.C. fait la première partie de la star Pete Doherty le 1er octobre au Transbordeur à Lyon.

-HighwayFM : Quelle est l’origine de ton goût pour ce style de musique ?

-Cyril Amblard (NORFOLK A. C.) : Le premier gros coup de cœur, je l’ai eu à mes 14 ans avec Bruce Springsteen. A l’époque, il sortait l’album « Tunnel of love ». J’étais un peu trop jeune et j’ai loupé le raz-de-marée « Born in the USA ». C’est assez rigolo parce qu’à chaque fois que je parle de Springsteen avec des gens, tu peux être sûr qu’il y en a un qui l’a vu en 85 à Geoffroy Guichard !! (rires !!). « LE » concert que j’aurais aimé voir malgré tout ceux que j’ai vu. C’était une époque importante. Springsteen, c’est le rock américain.

Je suis venu ensuite assez rapidement à la country music. Déjà, mes grands-parents étaient agriculteurs et ont toujours baigné dans cet univers campagne, et j’ai toujours adoré regarder « La dernière séance » avec Eddy Mitchell, et les bandes son que j’aimais bien.

A l’époque à Clermont Ferrand, on ne trouvait pas beaucoup de production de country music, mais il y avaient des compils sur cassettes mais des standards un peu trop vieillots à mon goût pour un jeune qui commence à s’y intéresser.

Au début des années 90, j’écoutais toujours Bruce Springsteen, et un peu de hard rock ! Je faisais mon adolescence ! (rires) !!, et je suis tombé sur deux artistes : Billy Ray Cyrus  dont j’avais vu l’album en devanture de magasin avec la mention « n °1 aux Etats-Unis ». C’était son premier disque où on le voit en jean’s « Some gave all » et je l’ai acheté pour la pochette, et ensuite j’ai bien aimé le son et la voix. Ensuite, en regardant un reporage sur Nashville diffusé sur Canal Plus, j’ai découvert Garth Brooks et j’ai suivi sa carrière très longtemps. Il a une très belle voix et de très bonnes chansons, et c’est cela qui m’a permis d’entrer dans un certain courant de la country.

Un peu plus tard, je regarde ce qu’il y a autour de Springsteen, et je découvre Southside Johnny, John Mellencamp, et vers la fin des années 90, çà faisait un moment que j’écoutais des albums sans vraiment les écouter, et je me suis vraiment intéressé à Steve Earle et çà a été la deuxième claque absolue pour moi. Michel Pamplune, qui a créé le label Fargo et Fargo Store, m’a conseillé Chris Knight.

-HighwayFM : Chris Knight est un bel exemple d’alternative country, et il a été pas mal de temps chez Dualtone, excellent label de Nashville.

-Cyril Amblard : Oui, Dualtone est vraiement un super label avec de très bonnes productions. Comme je faisais une émission de radio qui s’appelait « Midnight road », j’avais aussi découvert Neal Casal et toute la nouvelle vague de songwriters. Au départ, ils étaient sur de grosses maisons de disques, et ensuite en cherchant un peu, j’ai trouvé Ryan Adams, Jeffrey Foucault et pleins de gens qui sont entre le folk, l’américana, le rock américain, et au début des années 2000, j’ai commencé à aller au festival de Craponne et c’est là que j’ai découvert d’autres artistes qui font cette musique que j’adore sous la dénomination de Red Dirt Music.

-HighwayFM : La programmation plurielle qui est faite par Georges Carrier permet d’avoir sur scène de nombreux styles country, par définition, dont la Red Dirt Music. A Nashville, il y a des stars de la New country qui n’écrivent pas leurs chansons, tandis qu’en Red Dirt ou en folk/americana, les chanteurs sont très souvent des paroliers. De ce fait, les artistes qui ne trouvent pas le succès avec ce qu’ils chantent peuvent voir leurs textes chantés par d’autres et se classer dans les charts. Il y a de nombreuses compagnies d’édition à Nashville, et cela peut représenter une seconde carrière.

-Cyril Amblard : Oui, être parolier est aussi un moyen pour eux de gagner leur vie en tout en jouant dans des clubs, avant de pouvoir sortir leur premier album. J’aime bien cette culture du songwriter parce que ce sont des gens qui ont leurs histoires à raconter dans leurs albums et çà amène une profondeur, même si j’adore aussi le côté entertainment pur et dur. Ce que j’avais apprécié dans le reportage de Canal Plus et qui est l’élément qui me plait dans la country music, c’est la proximité des artistes avec le public. Il y a une sorte de respect, de contact direct qui est sain et qui ramène un peu d’humanité dans ce monde de brutes, ou même tout simplement dans le showbiz.

Toutes les choses sont un peu trop fabriquées aujourd’hui avec le marketing à outrance, et surtout avec des gens qui sont stars du jour au lendemain, sans forcément savoir pourquoi dès fois. Tant mieux pour ces personnes mais çà fausse le rapport avec le public. Du coup, ce que j’aime, c’est passer mon temps sur youtube pour chercher des vidéos en acoustique, celles de Chris Knight, de Josh Thompson qui a de superbes chansons avec de belles histoires, Ryan Bingham. J’écoute aussi pas mal de bluegrass et de newgrass, et j’aime bien écouter une musique, une chanson, selon l’humeur du jour. J’ai un socle, un pilier pour ma culture musicale, et je suis tout le temps en train de chercher.

-HighwayFM : Tu cites Ryan Adams et le Randy Rogers Band. Leur rythme est un peu différent mais l’âme de leur musique est la même.

-Cyril Amblard : Oui, c’est pratiquement les mêmes chansons, les mêmes accords, et à un moment donné, il suffit d’enlever un peu de guitare électrique ou de clavier, et de mettre du violon et de la pedal steel.

-HighwayFM ; On connaît Cyril Amblard, mais d’où vient Norfolk ?

-Cyril Amblard : En tant que musicien, à part les groupes de lycée et les premières expériences, j’ai commencé réellement en jouant quatre ans avec John Brassett qui est un anglais installé depuis bientôt trente ans dans la région auvergnate. On a enregistré deux albums ensemble. Il était à une époque dans un univers blues country, et à l’époque où je jouais avec lui, j’avais amené un son un peu plus rock et pop. A la suite de çà, mon parcours professionnel m’a amené à bouger un peu, et je faisais beaucoup de musique. Et lorsque j’ai recommencé à écrire des chansons, çà coîncidait avec l’arrivée de Myspace. Alors, je me suis dit : je vais enregistrer des maquettes, les mettre sur Myspace et faire un petit concert de temps en temps pour le plaisir.

Et à cette époque, j’ai participé à un concours qui s’appelle Rock en Stock. Il y avait un texte imposé et il fallait le mettre en musique et l’envoyer. J’ai été sélectionné et je suis sur la compilation où figurent cinq artistes qui donnent cinq versions différentes du même texte. En fait, je ne voulais pas mettre mon nom quand je l’ai envoyé, et en buvant un verre avec un poête, parce que je ne savais pas encore si j’allais remonter un groupe plus tard, on a cherché un nom de projet, et en regardant la carte des Etats-Unis, je suis tombé sur Norfolk et çà correspondait à l’univers musical. Un petit peu plus tard, j’ai ajouté « A.C. » car si on cherche Norfolk sur internet, on tombe à chaque fois sur la ville de Virginie, et de plus aux USA, c’est l’habitude de mettre les initiales de l’Etat juste après la ville, alors A.C. signifie Auvergne Country, comme cela la recherche sur internet ramenait les gens sur mon site et de surcroit ce sont mes initiales.

-HighwayFM : On m’a plusieurs fois demandé si cela signifiait Ambiard Country parce que les gens voient ton nom et font immédiatement le rapprochement, et non le lien avec l’Auvergne.

-Cyril Amblard :  En fait, çà donne un côté américain et en même temps, c’est un jeu de mot qui tombe bien. Cà correspond bien à l’idée que je me fais de la musique que j’essaie d’écrire. Je suis complètement influencé par la musique américaine, n’étant pas moi-même américain, je n’ai pas tous les pans de la culture américaine, ne vivant pas là-bas. C’est comme ce que je faisais au travers de l’émission de radio que j’animais. C’était une sorte de lien, comme un pont entre les Etats-Unis et l’Auvergne puisque je suis basé en Auvergne. C’était un clin d’œil ?

-HighwayFM : Actuellement, tu tournes en solo ou avec le groupe ?

-Cyril Amblard : Actuellement, en solo, pour deux raisons. La première, pratique, car vu les budgets pour se faire découvrir, c’est toujours compliqué. Aujourd’hui, j’ai un set et j’ai eu pas mal de visibilité sur plusieurs parties, et çà m’en amène d’autres qui me permettent d’avoir des plans intéressants. Aujourd’hui, les producteurs, neuf fois sur dix, prennent pour des dates indépendantes des premières parties qui sont des artistes solo, guitare/voix, et si possible avec le minimum de technique, pas de boucle, pas de sample, Le fait de jouer seul me permet donc d’obtenir ces opportunités. Le seconde raison, et la principale, c’est vraiment un travail que j’ai voulu faire.  C’est un travail personnel, de chanter tout seul, de trouver des nuances au niveau de la guitare, d’être vraiement dans le côté songwriter et de l’interpréter comme çà car c’est vraiment ce qui m’avait plu dans les concerts solo de Springsteen et Steve Earle, sachant que j’ai envie de jouer avec des musiciens. La preuve en est que l’album est plutôt arrangé, et il y a pleins de pôtes musiciens qui ont amené des choses par rapport à leur façon de jouer, et du coup sur l’été prochain (ndlr : 2011) on va jouer en formule groupe, et on est en train d’expérimenter des formules trio, des formules duo, en fonction des configurations.

-HighwayFM : Est-ce que ce style de configurations est liée au budget ?

-Cyril Amblard : Au budget d’un côté car si on monte un projet qui a un côut et que l’on ne trouve pas de dates à cause de çà, c’est un peu dommage de faire les choses à l’envers. Le fait de proposer des formules différentes me donnent plusieurs cordes à mon arc. Ce que j’aime bien au travers de chaque configuration, en répétant par exemple en duo avec un harmoniciste ou un guitariste, ou une violoniste, ce que je suis en train de faire en ce moment, çà amène de nouvelles idées et de nouvelles perspectives sur les chansons, et çà me permet d’envisager mes chansons arrangées autrement qu’en voix/guitare/harmonica. Tout cela permettra au groupe de tourner plus facilement.

HighwayFM : Est-ce que certaines des chansons que tu écriras pourraient dépendre de la configuration du groupe ?

Cyril Amblard : Cà pourrait être le cas, mais la façon de les jouer et de les interpréter sont des fois différentes sur scène et sur album. Si je fais une chanson qui est plus rock avec un gros tempo, et que je suis tout seul à la guitare, je vais plutôt chercher les nuances et mettre autre chose en avant. C’est vraiment le travail que j’aime chez Springsteen car çà fait maintenant plus de vingt ans que je l’écoute.

-HighwayFM : C’est un bel album qui sonne bien. Lorsque tu m’avais donné le CD démo avec quelques titres, j’avais été agréablement surpris par le mélange country et roots mélodique, et la voix qui se marie bien avec chaque titre, et qui est juste. En fait, je me suis dit à l’écoute du premier titre que tout le reste allait être dans la même veine. Et est-ce que tu as pris des cours de chant ?

-Cyril Amblard : Non, et merci pour les compliments. Il y a encore du travail. Les concerts aident beaucoup, et j’ai eu la chance de bien m’entourer à l’enregistrement de l’album. Je suis assez fier de la décision que j’ai prise. En général, on va dans un gros studio, et on enregistre avec un ingé son qui connaît la technique mais qui ne va pas forcément rentrer dans la chanson. Certains vont un petit peu s’impliquer. Quand je suis rentré dans le processus d’enregistrement, la première chose que j’ai faite, c’est de prendre un réalisateur, quelqu’un qui soit capable de me dire « Sur cette chanson, il faudrait qu’elle soit plus dépouillée, plus enrichie », et de proposer des arrangements, et également, comme lui est un artiste et qu’il commence à se lancer dans la production et est un très bon chanteur, de me guider dans l’interprétation. Le travail se fait là, plus qu’en terme de technique vocale. C’était bien plus un travail d’écoute et instinctif qu’un travail technique.

-HighwayFM : En écoutant les textes, j’ai le sentiment que tu évoques ta vie et les sujets de la vie courante, ainsi que la vie américain.

-Cyril Amblard : Oui, il y a ces aspects, et ensuite c’est un mélange de tout cela. Parfois, la chanson ne parle pas exactement de moi, et c’est romancé ou inventé, ou de vraies histoires de story-telling (ndlr : un artiste raconte des histoires de son parcours et chante devant un public), et du coup, je mets un peu de personnel dans le texte pour lui donner de l’âme. Les premières chansons, les plus autobiographiques, çà part souvent d’une rupture sentimentales ou d’un état d’âme. Après, c’est nourri d’images que j’ai pu voir dans certains films. Lorsque j’ai travaillé sur « I don’t mind », je me suis beaucoup inspiré du film « Living Las Vegas » avec Nicolas Cage. Il y a aussi une façon d’écrire comme les protest songwriters à la Woodie Guthrie et Pete Seeger. J’aimerais aller plus loin dans ce style et les maîtres en la matière sont Sprinsteen et Steve Earle. D’ailleurs, Steve Earle avait sorti un bouquin avec des nouvelles, et il y avait une histoire magnifique sur une quinzaine de pages, et sur l’un de ses albums, il y a une chanson qui reprend le fil de l’histoire, mais en seulement quatre paragraphes. C’est ce que j’ai voulu faire sur « Man on a hard day » en développant ce côté un peu cinématographique. Pour écrire cette chanson, je bloquais sur le pont et j’ai vu un documentaire à la télé, une personne de 84 ans à la retraite qui avait été chauffeur routier toute sa vie, et même patron, et qui a repris le volant car il ne gagnait pas assez avec sa retraite. Ce passage collait parfaitement avec le reste de la chanson et je l’ai terminée.

-HighwayFM : Je pose souvent la question aux artistes qui écrivent, et je n’ai pas toujours la même réponse. Puisque tu es chanteur et parolier, et musicien, tu cumules les mandats (rires !), quelle est ta fibre première ?

-Cyril Amblard : Au départ, je suis devenu chanteur par défaut. Je voulais écrire des chansons et ne trouvant personne pour les interpréter… Je voulais être guitariste, être accompagné et pas forcément les chanter au début. En France, il y a un étiquette qui dit que si on n’a pas pris de cours de chant, si on n’a pas fait le conservatoire, on ne peut pas se prétendre chanteur. Ma définition, c’est interprète de mes chansons. C’est ce que j’aime avec ce concept de Norfolk A.C.. Sur scène, ce n’est plus tout-à-fait moi, et j’ai un rôle d’acteur avec mes chansons, et c’est un moyen pour vaincre ma timidité et la barrière que constitue la pudeur pour mieux transmettre les émotions de mes textes au public. Lorsqu’un artiste fait son show sans vraiment créer un échange avec le public, çà devient l’exemple du formatage, il n’y a aucune sincérité et on n’est pas touché.

Sur scène, j’aime beaucoup reprendre des chansons d’autres artistes et les adapter. Je m’approprie complètement l’histoire de la reprise que je peux faire. Les cinquante concerts que j’ai fait l’an dernier, et ceux de cette année, m’ont permis d’acquérir de la confiance sur scène et d’entrevoir que ce n’est que le début du travail (rires !). C’est la règle d’or que j’ai apprise avec John Brassett.

 -HighwayFM : Lorsqu’un artiste américain demande à un français de faire sa première partie, c’est une reconnaissance. Quand Elliott Murphy t’a demandé cela, il est devenu en quelque sorte un parrain. Quelle a été ta réaction ?

-Cyril Amblard : Le première prestation avec Elliott Murphy date de 99 et c’étaient mes toutes premières chansons en français. Ensuite, on s’est croisé souvent car à l’époque, il tournait beaucoup en Auvergne., et à l’époque je faisais des interviews pour mon émission de radio, et la date de sortie de l’album s’est faite lors du concert avec Elliott le 13 novembre 2010 à la coopérative de Mai où j’ai fait sa première partie officiellement. Elliott a quarante ans de carrière et çà en dit long sur son parcours impressionnant.

-HighwayFM : Après Elliott Murphy, ce soir, tu joues en première partie de Blackfoot au New Morning à Paris.  Comment as-tu décroché ce coup de maître ?

-Cyril Amblard : Tu parlais d’Elliott Murphy, et la première partie que j’ai faite a eu lieu en novembre 2010, et çà s’est bien passé. Le tourneur d’Elliott Murphy est le même que celui de Blackfoot pour la France. Ensuite, on se demandait s’il n’y avaient pas d’autres premières parties, et le tourneur a répondu qu’il y en avait une pour Blackfoot à Paris, et çà s’est conclu comme çà pour ma première date parisienne.

Maintenant, si demain, il faut reprendre un petit boulot pour faire de la musique, Ce n’est pas un problème. Je trouve qu’avoir déjà des gens qui s’intéressent à ma musique et qui viennent aux concerts, c’est tellement énorme, alors après pouvoir en vivre, c’est la cerise sur le gateau. 

-HighwayFM : Norfolk A.C. a été élu Meilleur groupe country français aux 2èmes French Highway Awards. Est-ce que cette récompenses à eu des conséquences pour toi et le groupe ?

-Cyril Amblard : Cà m’a vraiment surpris et touché. Cà m’a permis de récupérer un peu de médias, un peu de presse, et j’ai été vraiment super content, et çà a fait plaisir à tous les gens qui suivaient mon parcours sur tous les concerts, sur les réseaux sociaux, parce qu’ils sont autant contents, voire plus que toi. Cette récompense était complètement partagée puisque même si au départ, nous avons été sélectionnés par des professionnels, c’est le vote du public qui abouti à nous faire gagner. Ensuite, çà ne m’a pas forcément ramené beaucoup de concerts dans la country pure et dure, puisqu’en France, les événements sont souvent liés au line dancers et moins à la musique. Ma musique n’est pas forcément adéquate pour la danse, quoiqu’il y a quelques chansons possibles. En fait, il faut être patient et laisser faire le temps, mais pour moi, çà a été un énorme signe d’encouragement. On sort un album auto-produit, on fait quelques concerts, et avoir une récompense comme çà, c’est se dire qu’on est sur la bonne voie et c’est incommensurable. Cà donne envie de travailler encore plus dur. 

-HighwayFM : La scène country a un potentiel croissant en France, que ce soit en New Country ou en Alternative Country, grâce aux festivals, et aussi pour des tournées dédiées. Quel est ton avis sur la question ?

-Cyril Amblard : Oui, le potentiel est énorme. Après, il y a deux choses. Soit, ils coûtent trop cher pour venir ici, soit ils sont tellement demandés chez eux, aux USA, qu’ils n’ont pas la disponibilité pour venir. Cà a été le cas pour un groupe qui n’est pas country, les Goo Goo Dolls. Ils ont commencé à être diffusés en radio en France, mais comme le groupe n’avait abslument pas le temps de venir en Europe, la label a laché la promo et le groupe n’a vendu que quelques dizaines de milliers d’albums alors que le potentiel était bien plus fort.

Il y a aussi les programmateurs radios qui font parfois des choix et la country n’est pas prise en compte. 

-HighwayFM : Quel est le public, ou quel public pourrait avoir Norfolk A.C. car les teintes country, roots, folk, voire rock, car il y a de l’alternative country, peuvent plaire à un public venant de divers horizons ?

-Cyril Amblard : Je joue parfois dans des salles qui ne sont pas country, et où le public ne connaît pas la country, et ils se retrouvent à apprécier ce que je fais. Je me suis trouvé à discuter récemment avec deux personnes qui ont bien aimé l’album et qui sont au départ fans d’Indochine. Les gens sont beaucoup moins fermés que ce qu’on nous laisse croire.

Si on prend l’exemple de Lady Antebellum, le groupe a une volonté de jouer à l’international, comme Shania Twain, alors il y a une vraie promo, les radios jouent le jeu, et çà marche.

La country music, c’est comme le rock : on peut écouter George Strait, on peut écouter Cross Canadian Ragweed, les Grascals et les Greencards en bluegrass. Et puis en France, dès qu’on aime une chose, il faut créer des codes vestimentaires, et si on ne les portent pas, on ne fait pas partie du gang, du clan.. Alors, la diversité des styles, cet éclectisme, c’est ce que j’adore dans le festival de Craponne. Tous les jours, c’est varié et de super qualité.

En France, il faut mettre des cases, des étiquettes, et pour se revendiquer country music, il faut sortir le chapeau, les santiags, dire qu’on va danser, et il faut être fier si on te dit que tu es un bouseux. Je trouve çà complètement débile. A l’époque où je faisait mon émission de blues, il y avait plein de connaisseurs de blues qui me disaient que je ne programmais pas les bonnes choses. Je diffusais du blues rock et du crossover comme Jonny Lang, et j’avais plein d’appels de jeunes de dix-huit ans qui m’appelaient car ils n’avaient jamais entendu un titre blues, et ils appréciaient.

Le blues, j’ai démarré avec Zack White, le guitariste d’Ozzy Osborne, et il reprenait « Baby, please don’t go » sur une compil de blues. D’un seul coup, je vois B B King qui tappe un solo sur un titre de U2 et je deviens fan de B B King. Un peu plus tard, j’écoutais du blues, du blues noir pur et dur, pour dire que toutes ces chappelles sont inutiles.

Je me souviens de Cross Canadian Ragweed à Craponne, et récement d’Eric Church avec son guitariste qui était un peu métal, et certaines personnes dans le public disaient que ce n’est plus de la country. Pourtant, c’est toujours de la country sous des formes différentes. J’ai acheté ses deux albums et lu les textes, et c’est un sacré songwriter. 

-HighwayFM : On a conclu cette interview en évoquant un autre excellent songwriter, alors je te remercie, Cyril, pour ce voyage , et on se revoit tout-à-l’heure pour ta première prestation à Paris, en première partie de Blackfoot au New Morning.

-Cyril Amblard : Ce fut un plaisir, Jean, d’évoquer tous ces bons moments. Merci à toi.